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SANS LE SUJET

C.O.D. VERBE C.O.I.
C.O.I. C.O.D.
Acte 4

COMMENT INSISTER ?

Nous avons vu jusqu'ici que nous pouvions « surinsister » en plaçant an hini eo ou plus simplement eo après un élément, qu'il s'agisse du sujet ou du complément. Une phrase comme me a lavar devient alors me eo a lavar. Mais comment faire lorsque cet élément est le sujet et... qu'il n'existe pas, comme nous venons de le voir ?

On accole le pronom personnel sujet à la terminaison. Le principe est alors que le sujet n'existe pas... même s'il existe. Je vous accorde que c'est un peu fictif, artificiel, tout ce que vous voudrez mais, en grammaire comme dans la vie, il faut savoir se débrouiller, non ? C'est comme ça, et voici les pronoms personnels sujet :


me je
te tu
il
hi elle
ni nous
c'hwi vous
i(nt) ils
elles

Ce qui nous donne la conjugaison suivante au présent, par exemple :


Kemper a spurmantan-me j'aperçois Quimper, moi
a spurmantez-te tu aperçois Quimper, toi
a spurmant-eñ il aperçoit Quimper, lui
a spurmant-hi elle aperçoit Quimper, elle
a spurmantomp-ni nous apercevons Quimper, nous
a spurmantit-c'hwi vous apercevez Quimper, vous
a spurmantont-i ils aperçoivent Quimper, eux
elles aperçoivent Quimper, elles

Au demeurant, me direz-vous, pourquoi surinsisterait-on sur un sujet que l'on ne prend même pas la peine de nommer ? Il y a plusieurs cas de figure, mais nous avons déjà rencontré l'un d'entre eux. Rappelez-vous : les terminaisons sont les mêmes à la troisième personne, que le sujet soit masculin ou féminin : Kemper a spurmant peut aussi signifier c'est Quimper qu'il aperçoit que c'est Quimper qu'elle aperçoit.

Surinsister sur le sujet permet déjà de sortir de l'ambiguité si le contexte le demande : Kemper a spurmant-eñ signifie c'est Quimper qu'il aperçoit, lui tandis que Kemper a spurmant-hi signifie c'est Quimper qu'elle aperçoit, elle. Il ne reste plus qu'à faire un petit exercice, et c'est fini.



EXERCICE 4 : COMMENT INSISTER ?


Cet exercice sert seulement à vérifier si vous avez bien compris qu'on peut insister sur le sujet sans le nommer en plaçant le pronom personnel sujet immédiatement après le verbe, et avec un tiret, comme dans l'exemple Kemper a spurmantan-me que nous avons déjà pris.
1 Soit le nom sivi qui signifie (des) fraises et le verbe kutuilhat (base verbale kutuilh-) qui signifie cueillir. Comment dit-on ce sont des fraises qu'il cueillait, lui ?
2 Soit le nom bara qui signifie (du) pain et le verbe poazañ (base verbale poaz-) qui signifie cuire. Comment dit-on c'est du pain qu'elle cuira, elle ?
3 Soit l'averbe tuchant qui signifie bientôt et le verbe breskenniñ (base verbale breskenn-) qui signifie s'affoler. Comment dit-on c'est bientôt que nous nous affolerons, nous ?
4 Soit l'adverbe moarvat qui signifie certainement et le verbe trevariañ (base verbale trevari-) qui signifie déraisonner. Comment dit-on c'est certainement que tu déraisonnerais, toi (on y croit) ?
5 Soit l'adverbe emichañs qui signifie sans doute et le verbe kevreañ (base verbale kevre-) qui signifie se connecter. Comment dit-on c'est sans doute qu'ils se connectèrent, eux ?
6 Soit l'expression e Beg ar Raz qui signifie à la Pointe du Raz et le verbe fromañ (base verbale from-) qui signifie s'émouvoir. Comment dit-on c'est à la Pointe du Raz que vous vous émouviez, vous ?






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