Daskor
Le site de la littérature bretonne
Brezhoneg
English
Français



SANS LE SUJET

C.O.D. VERBE C.O.I.
C.O.I. C.O.D.
Acte 1

ENCORE PLUS FORT

Nous avons vu jusqu'à présent comment construire les phrases suivantes :


SUJET VERBE C.O.D. et/ou C.O.I.
C.O.D. SUJET
C.O.I.

L'esprit français ne conçoit déjà pas que nous puissions mettre le C.O.D. ou le C.O.I. en tête de phrase... Eh bien, nous allons faire bien pire encore en nous passant carrément de sujet. Désormais, nous ne dirons plus je chante, tu chantes... mais chante, chantes...


C.O.D. VERBE C.O.I.
C.O.I. C.O.D.

Mais comment est-ce possible ?

Nous avons vu que le verbe ne se conjugue pas selon la personne si le sujet la précise déjà. C'est d'ailleurs le seul cas de figure que nous ayons rencontré jusqu'à présent. Reprenons ainsi le verbe spurmantiñ (base verbale spurmant-) qui signifie apercevoir, et l'exemple suivant :


me a spurmant Kemper j'aperçois Quimper
te tu aperçois Quimper
il aperçoit Quimper
hi elle aperçoit Quimper
ni nous apercevons Quimper
c'hwi vous apercevez Quimper
i(nt) ils aperçoivent Quimper
elles aperçoivent Quimper

Cela ne veut évidemment pas dire que le verbe ne se conjugue jamais selon la personne : il est bien entendu que le verbe ne se conjugue pas selon la personne si le sujet la précise, mais que le verbe se conjugue au contraire selon la personne si le sujet ne la précise pas.

Mais mais mais, me direz-vous, comment cela se peut-il ? Lorsque je parle de moi, tout le monde comprend qu'il s'agit de la première personne, et lorsque je parle de vous, tout le monde comprend qu'il s'agit de la deuxième personne, n'est-ce pas ?

Eh bien, c'est simple : le sujet ne précise pas la personne lorsqu'il... n'existe pas. Dans ce cas, le verbe est pris au dépourvu, il n'a plus d'autre choix que de préciser lui-même la personne du sujet, et la conjugaison « classique » réapparaît. Supprimons le sujet et reprenons l'exemple précédent, cela nous donne :


Kemper a spurmant-an j'aperçois Quimper
a spurmant-ez tu aperçois Quimper
a spurmant il aperçoit Quimper
elle aperçoit Quimper
a spurmant-omp nous apercevons Quimper
a spurmant-it vous apercevez Quimper
a spurmant-ont ils aperçoivent Quimper
elles aperçoivent Quimper
a spurmant-er on aperçoit Quimper

Les terminaisons ne changent plus seulement selon le temps, comme c'était le cas jusqu'à présent, elles changent aussi selon la personne du sujet. Les terminaisons du présent sont ainsi -an, -ez, -rien, -omp, -it, -ont et -er. Notez deux choses au passage :

  1. On ne distingue plus selon que le sujet est masculin (il, ils) ou féminin (elle, elles) à la 3ème personne. Cela peut poser quelques problèmes dans certains contextes, mais nous verrons un peu plus loin comment y remédier.
  2. Une 4ème personne apparaît : il n'y a pas de pronom personnel correspondant au « on » français, mais le verbe peut se conjuguer selon une personne dite « impersonnelle » qui correspond quand même au « on » français.



EXERCICE 1 : HORS SUJET (1)


Cet exercice sert seulement à vérifier si vous avez bien compris que la terminaison change selon la personne dès que le sujet n'est plus là pour la donner. Nous nous limitons donc au présent pour l'instant, et nous vous laissons même tranquilles avec les mutations en prenant des exemples qui ne mutent pas. Pour rappel, les terminaisons sont : -an (je), -ez (tu), -rien (il ou elle), -omp (nous), -it (vous) et -ont (ils ou elles).
1 Soit l'adverbe hiviziken qui signifie dorénavant et le verbe hastañ (base verbale hast-) qui signifie se hâter. Comment dit-on c'est dorénavant qu'ils se hâtent ?
2 Soit le nom ar brezhoneg qui signifie bien sûr le breton et le verbe studiañ war (base verbale studi-) qui signifie étudier. Comment dit-on c'est le breton que nous étudions ?
3 Soit le verbe tostaat da (base verbale tosta-) qui signifie s'approcher de. Comment dit-on c'est de New-York que tu t'approches ?
4 Soit l'adverbe evelkent qui signifie tout de même et le verbe kreskiñ (base verbale kresk-) qui signifie croître. Comment dit-on tout de même, vous croissez ?
5 Soit le verbe soursial ouzh (base verbale soursi-) qui vient du français et qui signifie se soucier de. Comment dit-on c'est de Mona que je me soucie en employant le complément anticipé (vous vous souvenez) ?
6 Soit le vilain verbe lorbañ (base verbale lorb-) qui signifie berner. Comment dit-on c'est Tepod que je berne ?
7 Soit l'adverbe adarre qui signifie encore (une fois) et le verbe butuniñ (base verbale butun-) qui signifie fumer (du tabac). Comment dit-on encore, ils (ou elles) fument ?
8 Soit le verbe fougeañ gant (base verbale fouge-) qui signifie vanter. Comment dit-on c'est Yann que nous vantons en employant le complément anticipé (la même tournure qu'à la question 5) ?
9 Soit le verbe strummañ (base verbale strumm-) qui signifie embarrasser. Comment dit-on c'est Klervi que vous embarrassez ?
10 Soit le verbe nec'hiñ (base verbale nec'h-) qui signifie inquiéter. Comment dit-on c'est Soazig que tu inquiètes ?
11 Soit le verbe strimpañ (base verbale strimp-) qui signifie éclabousser. Comment dit-on c'est Ivona que tu éclabousses ?
12 Soit le verbe evañ qui signifie boire et le verbe rediañ da (base verbale redi-) qui signifie contraindre à. Comment dit-on c'est à boire qu'ils (ou elles) contraignent ?






association Daskor Breizh
36, rue Basse, 29600 Morlaix
contact@daskor.bzh