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C.O.D. + VERBE + SUJET

C.O.D. VERBE SUJET
Acte 1

Nous avons vu comment construire nos phrases en suivant l'ordre sujet + verbe + complément, et nous avons également vu à cette occasion qu'il n'y a pas une, mais deux sortes de compléments :

  1. Les compléments qui ne sont introduits par aucune préposition (les C.O.D.), comme dans la phrase Meven a spurmant Sterenn ou c'est Meven qui aperçoit Sterenn. Dans ce cas, le pronom peut alors être remplacé par la préposition a conjuguée, comme dans la phrase Meven a spurmant anezhi ou c'est Meven qui l'aperçoit.
  2. les compléments qui sont introduits par une préposition (les C.O.I.), comme dans la phrase Meven a sell ouzh Sterenn ou c'est Meven qui regarde Sterenn. Dans ce cas, le pronom peut être remplacé par cette préposition conjuguée, comme dans la phrase Meven a sell outi ou c'est Meven qui l'aperçoit (elle).

Nous allons maintenant nous pencher sur le premier cas, et voir comment construire nos phrases en suivant l'ordre C.O.D. + verbe + sujet, tout en gardant à l'esprit que l'on commence par le C.O.D. pour insister sur le C.O.D. comme on commence par le sujet pour commencer sur le sujet, et qu'une phrase du genre Sterenn aperçoit Meven en (mauvais) français signifie donc c'est Sterenn qu'aperçoit Meven en breton.

LES DONNÉES DU PROBLÈME

Disons tout de suite que l'ordre C.O.D. + verbe + complément n'est pas le plus fréquent, loin de là, car il pose problème... Rappelons-nous la manière dont nous avons construit nos phrases en suivant l'ordre sujet + verbe + complément :


SUJET PARTICULE VERBE COMPLEMENT
Meven a spurmant Sterenn
Meven Ø aperçoit Sterenn

Nous avons vu qu'il faut placer une particule a entre le sujet et le verbe. Eh bien, il faut aussi placer la même particule a entre le C.O.D. et le verbe, ce qui nous donne la phrase suivante :


C.O.D. PARTICULE VERBE SUJET
Sterenn a spurmant Meven
Sterenn Ø aperçoit Meven

Vous voyez maintenant quel est le problème, je pense !

Nous n'avons aucun moyen de savoir a priori si ce qui précède le verbe est un sujet ou un C.O.D. Notre exemple Meven a spurmant Sterenn pourrait aussi bien se comprendre par c'est Meven qui aperçoit Sterenn que par c'est Meven qu'aperçoit Sterenn. Une chose et son contraire... c'est plutôt embêtant !

Comment fait-on, alors ? Eh bien, on se débrouille... Lorsque le contexte ne suffit pas à distinguer le sujet du C.O.D., c'est seulement l'ordre sujet + verbe + complément qui peut s'employer. C'est d'ailleurs moins une question de grammaire que de bon sens : il s'agit d'éviter toute ambiguïté, et la phrase Meven a spurmant Sterenn se traduit ainsi par c'est Meven qui aperçoit Sterenn.

En revanche, lorsque le contexte suffit à distinguer le sujet du C.O.D., ce sont les deux ordres sujet + verbe + C.O.D. et C.O.D. + verbe + sujet qui peuvent s'employer, au choix, et la phrase Kemper a spurmant Meven se traduit ainsi par c'est Quimper qu'aperçoit Meven. Comme c'est à vous que le doute est (ou n'est pas...) permis, c'est à vous de faire l'exercice suivant !



EXERCICE 1 : SUIVONS LE CONTEXTE


Cet exercice sert seulement à vérifier si vous avez bien compris que c'est seulement lorsque le contexte est assez clair (et ce n'est pas toujours le cas...) que nous pouvons mettre le C.O.D. en tête de phrase. Sinon, il faut y mettre le sujet. Rappelez-vous aussi que les structures de phrase sont les mêmes : sujet + a + verbe et C.O.D. + a + verbe.
1 Soit le verbe ankounac'haat (base verbale ankounac'ha-) qui signifie oublier. Comment dit-on c'est Morlaix (Montroulez) qu'oubliait Jakez ?
2 Soit le verbe hegal (base verbale heg-) qui signifie contraindre. Comment dit-on c'est Goulc'hen que contraignit Sezni ?
3 Soit le verbe sorc'hennañ (base verbale sorc'henn-) qui signifie obséder. Comment dit-on c'est Klervi qu'obsèdera la Bretagne (Breizh) ?
4 Soit le verbe skeudennañ (base verbale skeudenn-) qui signifie représenter (en dessinant, en peignant...). Comment dit-on c'est Belle-Ile-en-Terre (Benac'h) que représente Goulven ?
5 Soit le verbe ambroug (base verbale ambroug-) qui signifie accompagner. Comment dit-on c'est Don Quichotte qu'accompagnerait Sancho Panza (on y croit) ?
6 Soit le verbe spouroniñ (base verbale spouron-) qui signifie épouvanter. Comment dit-on c'est César qu'épouvanterait Attila (mais on n'y croit pas) ?
7 Soit le verbe argadañ (base verbale argad-) qui signifie attaquer. Comment dit-on c'est Douarnenez qu'attaqua La Fontenelle (Fontanella) ?
8 Soit le verbe flourañ (base verbale flour-) qui signifie caresser. Comment dit-on c'est Médor que caresse Rozenn ?
9 Soit le verbe skandalat (base verbale skandal-) qui signifie enguirlander. Comment dit-on c'est Per qu'enguirlandait Katell ?
10 Soit le verbe spazhañ (base verbale spazh-) qui signifie castrer. Comment dit-on c'est Minou que castra Denez ?
11 Soit le verbe youal (base verbale you-) qui signifie acclamer. Comment dit-on c'est Nominoe (Nevenoe) qu'acclama Hervé ?
12 Soit le verbe sternañ (base verbale stern-) qui signifie harnacher. Comment dit-on c'est Bayard (un cheval) qu'harnachera Youenn ?



LES PRONOMS SUR LA TOUCHE

Voilà pour les noms. Et pour les pronoms, alors ? Nous avons vu que les pronoms personnels compléments sont compliqués, et que nous pouvons les remplacer par des prépositions conjuguées, beaucoup plus simples... mais qui transforment le C.O.D. en C.O.I. Autrement dit, ce n'est pas l'ordre C.O.D. + verbe + sujet mais l'ordre C.O.I. + verbe + sujet qui trouve à s'appliquer. Comme nous verrons cet ordre à la leçon suivante, ce n'est donc que partie remise.




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