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SUJET + VERBE + COMPLÉMENT


SUJET VERBE COMPLÉMENT
Acte 1

Nous avons commencé à construire nos phrases en suivant l'ordre sujet + verbe, et nous allons continuer en ajoutant un complément de manière à obtenir l'ordre sujet + verbe + complément que vous connaissez bien, puisque c'est celui du français. Cependant, gardez bien à l'esprit que le breton commence par le sujet pour insister sur le sujet (comme il commence par le complément pour insister sur le complément, etc.), et qu'une phrase du genre Meven aperçoit Sterenn en français signifie en fait c'est Meven qui aperçoit Sterenn en breton.

COMMENÇONS PAR FAIRE SIMPLE

Quel complément ajouter ? Commençons pas les noms propres. Prenons donc pour cela le verbe spurmantiñ (base verbale spurmant-) qui signifie apercevoir, et la phrase Meven a spurmant qui signifie c'est Meven qui aperçoit. Eh bien, il suffit de mettre le nom propre complément après le verbe. La phrase Meven a spurmant Sterenn signifie c'est Meven qui aperçoit Sterenn, la phrase Meven a spurmant Kemper signifie c'est Meven qui aperçoit Quimper, etc.

C'est fait, vous avez appris en un temps record comment apercevoir Sterenn. Cela vaut bien un petit exercice, non ?



EXERCICE 1 : MAIS QU'EST-CE QU'ILS FONT ?


Cet exercice sert seulement à vérifier si vous avez bien compris que le complément se met après le verbe, et pas ailleurs. Nous vous donnons les formes conjuguées, mais profitez-en pour réviser ce que nous avons vu dans la leçon précédente (les terminaisons qui indiquent le temps, les mutations après la particule...). Rappelez-vous : la phrase suit l'ordre sujet + verbe + complément.
1 Soit le verbe heskinat (base verbale heskin-) qui signifie persécuter. Comment dit-on c'est Sterenn qui persécute Meven ?
2 Soit le verbe tamall (base verbale tamall-) qui signifie accuser. Comment dit-on c'est Meven qui accuse Sterenn ?
3 Soit le verbe difenn (base verbale difenn-) qui signifie défendre. Comment dit-on c'est Sterenn qui défendait Meven ?
4 Soit le verbe klask (base verbale klask-) qui signifie chercher. Comment dit-on c'est Sterenn qui chercha Meven ?
5 Soit le verbe magañ (base verbale mag-) qui signifie nourrir. Comment dit-on c'est Sterenn qui nourrira Meven ?
6 Soit le verbe anavezout (base verbale anavez-) qui signifie connaître. Comment dit-on c'est Meven qui connaîtrait Sterenn (on y croit) ?



PAS DE PRONOMS ENTRE NOUS

Voilà pour les noms propres. Vous vous attendez sans doute à ce que nous prenions maintenant des pronoms personnels compléments (me, te, lui...), comme nous avons déjà pris les pronoms personnels sujets (je, tu, il...). Le fait est que les pronoms personnels compléments existent en breton comme en français. Nous pourrions donc très bien nous en servir si nous le souhaitions, sauf que... nous ne le souhaitons pas ici. En effet :

  1. Les pronoms personnels compléments n'ont pas la même place que les autres compléments (comme en français, d'ailleurs), et ils ne se comportent pas comme les autres compléments non plus (bref, ils méritent une leçon à part).
  2. Les pronoms personnels complément appartiennent surtout au breton littéraire. Vous les trouverez assez souvent dans les poésies que nous publions sur Daskor par exemple, mais il faut bien reconnaître qu'ils ne s'emploient plus beaucoup aujourd'hui.

Heu... si l'on n'emploie plus beaucoup les pronoms personnels compléments, comment fait-on alors ? Suite au prochain numéro...




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